Entraînement du tissu : griffes, double entraînement et pression du pied
Des rayures qui ne se raccordent plus, un jersey qui ondule, du similicuir qui bloque sous le pied : c'est presque toujours une question d'entraînement. Ce que font les griffes, le double entraînement et la pression du pied, selon les manuels.
Vous cousez deux pièces à rayures, vous les avez épinglées avec soin, et à la fin les rayures ne se correspondent plus : la couche du dessus a moins avancé que celle du dessous. Ou bien le jersey ressort ondulé, le similicuir se bloque sous le pied, le velours glisse. Ce n'est pas toujours de votre faute ni de celle de la machine : c'est la façon dont le tissu est entraîné, et il existe trois réglages qui changent la donne.
Comment le tissu avance
Sous la plaque à aiguille se trouvent les griffes : des rangées de petites dents métalliques qui montent, poussent le tissu vers le fond et redescendent, un point à la fois. Au-dessus se trouve le pied, qui presse le tissu contre les griffes pour qu'il ne bouge pas au hasard.
Le point faible est dans cette répartition des tâches : les griffes ne touchent que la couche du dessous, la couche du dessus n'est retenue que par le pied. Avec deux tissus qui glissent bien, tout se passe sans problème. Avec des tissus glissants, épais, à poils ou élastiques, la couche du dessus reste en retard ou s'étire. PFAFF le dit à propos de son double entraînement, qui sert aussi à éviter « l'étirement des couches supérieures » sur les quilts.
Les fiches indiquent aussi en combien d'éléments les griffes sont divisées : dans notre catalogue, cela va de 3 à 7. Aucune des sources que nous avons lues n'explique en quoi cela change le résultat, ce n'est donc pas une donnée sur laquelle choisir.
Quand les griffes doivent être abaissées
Beaucoup de machines permettent d'abaisser les griffes. Les manuels Janome le demandent pour poser des boutons et pour bâtir avec le pied à repriser ; PFAFF pour repriser et pour la couture à main levée. Dans tous ces cas, c'est vous qui déplacez le tissu. Pour coudre normalement, avertissent les deux, les griffes doivent rester relevées. Au 19 septembre 2026, sur les 46 machines à coudre publiées dans notre catalogue, 21 déclarent des griffes abaissables ; les autres ne l'indiquent pas, ce qui ne veut pas dire qu'elles ne les ont pas.
Le double entraînement
Le double entraînement ajoute un second entraînement au-dessus du tissu, qui se déplace avec les griffes. Janome l'explique ainsi : le tissu reste pris entre les griffes du dessus et celles du dessous, et il ne glisse ni ne fronce. Il existe sous deux formes.
Le pied à double entraînement est un accessoire, grand et lourd, qui se monte à la place du support de pied, directement sur la barre du pied-de-biche, avec un levier appuyé sur la vis qui serre l'aiguille. Il faut donc l'acheter pour votre type de fixation (voir le guide tige et fixation du pied) et pour votre largeur de point : Brother vend le sien « pour machines avec une largeur de point de 7 mm ». Brother avertit aussi de ne pas l'utiliser en marche arrière, dans les points qui se déplacent latéralement ni avec certains points intégrés.
Le double entraînement intégré est un bras placé derrière le pied, qui s'abaisse quand il faut et se relève quand ce n'est pas nécessaire. Chaque marque l'appelle à sa façon :
| Marque | Nom | Ce qu'il demande |
|---|---|---|
| PFAFF | IDT | Pieds avec l'encoche arrière centrale |
| Bernina | Dual Feed | Pieds avec la lettre D dans le nom |
| Janome | AcuFeed | Les machines avec AcuFeed sont à tige haute |
| Brother | Mechanical Dual Feed, Direct Dual Feed | — |
Dans notre catalogue, sur les 46 machines à coudre publiées, 6 déclarent un double entraînement intégré et 6 un pied à double entraînement fourni ; parmi les 12 combinées, 4 l'ont intégré.
Quand il est vraiment utile
Les fabricants sont assez d'accord sur les tissus concernés.
- Janome indique le pied à double entraînement pour les tissus légers, les mailles, le cuir véritable et synthétique.
- PFAFF écrit que sur les tissus légers comme la soie ou la rayonne, il évite le fronçage de la couture, qu'il fait coïncider carreaux et rayures et qu'il maintient alignées les couches du quilt.
- Bernina énumère les tissus difficiles : le velours, l'éponge, le jersey cousu en biais, la fausse fourrure, le polaire, les tissus matelassés, les rayures et les carreaux, les rideaux au motif répété. Pour les tissus « collants », comme le similicuir et les tissus enduits, elle suggère en plus un pied à semelle antiadhésive.
Si vous cousez du quilting, des tissus à rayures ou du jersey, c'est l'un des critères les plus importants sur une machine. Si vous cousez surtout du coton et du lin de poids moyen, vous pouvez vous en passer.
La pression du pied
La pression du pied est la force avec laquelle le pied presse le tissu sur les griffes. Beaucoup de machines la rendent réglable avec une molette ou depuis l'écran : dans notre catalogue, sur les 25 machines à coudre qui en parlent, 21 la déclarent réglable et 4 non.
Ici, les manuels ne sont pas d'accord, et c'est utile de le savoir.
- Janome : pression 3 pour coudre normalement, 2 pour les appliqués, le bâti et la broderie, 1 pour la mousseline, la dentelle, l'organza et les tissus fins ; même les velours et les mailles très élastiques peuvent demander 1.
- Bernina : réduire la pression pour le tricot et les mailles souples, l'augmenter pour les matériaux compacts. Sur les tissus épais, elle conseille de la réduire, pour que le tissu se déplace plus facilement ; sur les tissus fins, de l'augmenter, pour qu'il ne se déplace pas trop sous le pied.
Sur les mailles, les deux marques disent de la baisser. Sur les tissus fins, l'une dit de la baisser et l'autre de l'augmenter. La règle pratique qui reste, c'est de faire un essai sur une chute du même tissu, et de partir du réglage indiqué par votre manuel.
La surjeteuse a un entraînement en plus
La surjeteuse a l'entraînement différentiel, qui se règle avec un rapport : Juki, par exemple, déclare de 0,7 à 2,0. Il sert, écrit Juki, à bien coudre les tissus qui s'étirent facilement, comme le jersey et la georgette. Dans notre catalogue, 13 surjeteuses et machines à point de recouvrement sur 21 le déclarent. Pour savoir si une surjeteuse vous est utile, voir le guide avez-vous besoin d'une surjeteuse ?.
Comment décider
- Quilting, rayures, carreaux, tissus qui glissent : double entraînement, intégré ou en pied compatible avec votre machine.
- Jersey : pression du pied réglable et, si possible, double entraînement ; le reste est dans le guide coudre le jersey et dans la fiche sur le jersey.
- Cuir et similicuir : double entraînement ou pied antiadhésif ; voir aussi la fiche sur le cuir.
- Reprisage, boutons, couture à main levée : griffes abaissables.
- Tissus de poids moyen, coutures simples : les griffes suffisent ; la pression réglable est un confort en plus.
Sources
- Janome, manuel d'instructions avec pied à double entraînement et griffes abaissables (PDF) — Source 1
- Janome, manuel d'instructions avec la molette de pression (PDF) — Source 2
- Janome, « What Kind of Janome do I have? », guide des accessoires (PDF) — Source 3
- PFAFF, manuel d'utilisation de la ligne select, « The IDT system » (PDF) — Source 4
- PFAFF, « The IDT System » — Source 5
- BERNINA, manuel d'utilisation d'une machine de la série 5, « BERNINA Dual Feed » et pression du pied (PDF) — Source 6
- BERNINA, manuel d'utilisation d'une machine de la série 4 (PDF) — Source 7
- WeAllSew (BERNINA), les pieds universels et les lettres C et D — Source 8
- Brother USA, pied à double entraînement pour machines de 7 mm — Source 9
- Brother Europe, fiche d'une machine avec « Direct Dual Feed » — Source 10
- JUKI, page d'une surjeteuse domestique, entraînement différentiel — Source 11
Trois exemples du catalogue
Pourquoi il est ici Entraînement double: Intégré à la machine · source du fabricant
Pourquoi il est ici Entraînement double: Pied entraîneur inclus · source du fabricant
Pourquoi il est ici Pression du pied-de-biche réglable: Oui · source du fabricant